31 August 2009
Gabon: Élections et Hip Hop

Après quatre décennies sous le règne du défunt Omar Bongo,  il semble que les premières élections présidentielles du Gabon se soit déroulées dans un calme relatif et la participation a été plus élevée que prévue.

Devant la course au fauteuil présidentiel,  la génération hip hop s’y est impliquée massivement. Lord Ekomy Ndong du collectif Mauvaiz Halein, formation doyenne du rap gabonais qui métisse depuis les années 90 les intruments traditionnels avec le hip hop, à lancer un clip et morceau dédié aux élections et intitulé, « 300809 », une chanson qui appelle tous les Gabonais à voter. Les enjeux sont énormes pour ce pays qui vit ses premières élections…et le suspense persiste.

Le Gabon est le 4ième producteur de pétrole en Afrique,  deuxième exportateur forestier mais la majorité de sa population vit  toujours dans la pauvreté. Le rôle de la France dans sa relation post-coloniale dit France-Afrique reste prépondérant et très critiqué tandis que  la lutte contre la précarité reste à être gagnée. Les récentes élections au Gabon sont sans résultats officiels et trois candidats clament la victoire soit Ali Ben Bongo (fils de l’ex-président ), Pierre Mmboundou et l’ancien premier ministre Andre Mba Obame.
Par ailleurs, selon le site Gabonews, la génération hip hop a été directement sollicitée durant ses élections, notamment  durant  un spectacle inédit dans le cadre du Gaboa, où plusieurs rappeurs  se sont livrés à  une déclaration solennelle et  un soutien « inébranlable », « inconditionnel » et « indéfectible » à la victoire  du porte-flambeau du Parti Démocratique Gabonais (PDG, au pouvoir),  soit Ali Bongo Ondimba,  féru de rap, qui s’est même permis quelques improvisations pour séduire la jeunesse.

Il est à noter que plusieurs rappers s’étaient rangés derrière la campagne d’Ali Bongo en  produisant La charte des intérêts des jeunes, un morceau clippé vantant sa candidature avec comme refrain L’unité nationale, on te suit. Voilà un exemple probant du facteur hip hop servant à  convaincre la jeunesse et  amadouer l’opinion public général. À la fin du clip,  Ali Bongo apparaît sur un ton cajoleur en affirmant  Je vous ai écoutés, je vous ai compris, je suis jeune comme vous, je partage vos aspirations, chers frères, chères soeurs, je vous invite tous à agir ensemble  pour un avenir en confiance.   Ouverture légitime pour la jeunesse ? ou propagande effficace ?  La question reste en suspens,  mais les premières indications laissent entendre qu’Ali Bongo a remporté son pari….


After four decades under the presidency of Omar Bongo, it seems that the first elections in Gabon’s modern history have gone through with calm and a higher than expected participation. With this historic race for the presidency, the hip hop generation was involved in more ways than one. On one side, Lord Ekomy Ndong of  Mauvaiz Halein,  Gabon’s veteran hip hop crew, launched a song 300809 with an accompanying video which promotes  all to go to the polls.

The stakes are high and suspense persists. Gabon is the fourth oil producing country in Africa, the second largest timber producer, yet the majority of it’s population lives in  poverty.  The post colonial role of France in Gabon, known as the France-Afrique relation, is still persistent,  controversial and supports an economic agenda that has left the population in precarious conditions. The recent elections took place last Sunday between three major candidates being Ali Ben Bongo ( son of the former president ), Pierre Mmboundou and the ex prime minister Andre Mba Obame.

The hip hop generation was directed targeted during the recent Gaboa festival in which some rappers delivered an unconditional support with La charte des intérêts des jeunes ( the demands of the youth ) a song and video dedicated to the Parti Démocratique Gabonais’s victory and meant to support Ali Bongo.  In front of a packed auditorium, candidate went as far as kicking rhymes to  the song in front of a overexcited crowd. This is a calculated move to seduce the young electorate and..the result’s first indications, show Ali Bongo has won his bet.

25 August 2009
La suite ( The Sequel ) compilation Africanhiphop

Après un an de travail d’assemblage et  de coordination, la seconde compilation ( mixtape ) issue du forum du site Africanhiphop.com est maintenant disponible en téléchargement pour tous les amateurs de hip hop. The Sequel, comme son titre l’indique, fait suite à la première édition intitulée The Naija chapter sortie en 2007  qui est d’ailleurs toujours disponible sur ce site repère.   Phénomène d’autonomie artistique dans un marché du disque sclérosé, les deux compilations  démontrent la vitalité et la diversité du hip hop du continent africain. Pour résumer l’esprit de cette compilation, on paraphrasera le texte du morceau To be an African avec la phrase  There is some much light on this continent they call dark, soit Il y a tellement de lumière sur ce continent qu’ils qualifient de sombre.
02 To Be An African by usofafrica

Production musicale à l’américaine east coast (  les sonorités nationales étant limitées dans le sampling ou l’instrumentation ), les textes restent toutefois engagés et lucides de la part d’une pléiade de rappers à découvrir . Le seul bémol,  c’est qu’on ne retrouve que des représentants de l’Afrique anglophone, car en 2009, le défi est de créer des initiatives panafricaines au delà des frontières linguistiques.

Almost a year in the making, here is The Sequel, the second mixtape created entirely by members of the Africanhiphop.com forums. The first collection, called ‘Africanhiphop: the Naija chapter’ (2007) gained a lot of interest worldwide. The production is tight, the lyrics are uplifting and the rappers are energic and intelligent. The only critic ? We only find songs from anglophone rappers,  let’s wish the next edition will cover all languages and dialects from the Motherland’s global hip hop moovement.

Tracklist
1. Intro
2. To Be An African by JRox, Thugga, Dope G and Verbal Assasin
3. Live by Nfeeltraita
4. Another Day by Fecko tha Emcee
5. Serial Killah by Rapsom’ and G.A.B. (both of SoulJazz)
6. Sublime Freestyle
7. Eye For An Eye by Synik (Zimbabwe)
8. Well Well by Sacramento (He’s late now… R.I.P.)
9. Don’t Stop Playin’ by Dominant-1, The Holstar and Illuminate
10. Gone Away by Al Kani
11. Reminsce by MHP (of SoulJazz)
12. Floorgates Freestyle (Low Budget Mix) by Kyt
13. Swarthy Soul Skit
14. Eye For An Eye Part 2 by Synik, MHP and P-Rex
15. Modern Day Slavery by G.A.B., Suicide, Rapsom’ and eL-P
16. Skit
17. Bring It On by Dagreen, MHP and Syblime
18. Places I’ve Been by Da Nameless and Grandson
19. African Boy by Ik Sl!ck and partner
20. Ride Wit U by Dagreen and Slick da Soul Singa
21. Illest Brotha by G.A.B.(of SoulJazz)
22. Pure Love by The Holstar and Krytic
23. Calm by The Subjects
24. Outro
Bonus Track
25. Old News by Rapsom’ and MHP

Bajah & The Dry Eye Crew:mouvement du Sierra Leone

L’ouverture internationale pour la musique africaine se poursuit actuellement sur plusieurs fronts mais plus particulièrement avec la montée des scènes électrorap du kuduro, du highlife et l’hystérie ivoirienne du  coupe décalé. Il faut y souligner l’apport des djs/producteur comme le duo Radioclit, Dj RuptureDiplo et la clique Mad Decent du ghettotech ou le montréalais Poirier qui créent tous un pont entre  hémisphères musicaux. Bajah & the Dry Eye Crew est le fruit de cette scène planétaire.

Dès 2000 à Freetown,  ville démolie par la guerre civile  au Sierra Leone, Bajah & the Dye Eye Crew émerge de l’underground et se voit qualifier de la voix des sans paroles, la formation devient célèbre et remplit rapidement les plus grands stades du pays.  En 2006, la pointe de l’iceberg  apparaît internationalement avec leur participation à la bande sonore du film choc Blood Diamond mais le groupe continue à s’investir sur l’échiquier national avec le morceau Ease Di Tension, dédié aux premières élections modernes du Sierra Leone en 2008.

Août 2009, Bajah & the Drye Eye Crew est maintenant basé à New York, signé sur Modiba Production et avec l’aide du selector de Brooklynn DJ Gravy,  lance la mixtape Kings of Salone en téléchargement gratuit. Celle-ci sert d’appérif à un album prévu pour 2010 et auquel participera des figures de proue du hip hop mondial dont ?uestlove et Black Thought de The Roots, Talib Kweli, K’naan, Res et El-P. Bajah & the Dry Eye Crew se font reconnaître pour leur conscience sociale,  leurs efforts constants à dénoncer les injustices sociales et politiques sur des rythmes rassembleurs.

Le rayonnement de leur mouture d’électronique globale combinant  hip hop,  funk, reggae jamaïquain et  grooves tropicaux, impose Bajah and the Drye Eye Crew du Sierra Leone  comme une sensation africaine à suivre de très près.

20 August 2009
241 et Pif Pikini sont les lauréats du Gabao 2009

Le “Prix Gabao“, du festival du même nom, a été décerné le 14 août dernier, au groupe gabonais de Rap 241 et à Pif Pikini, rappeur émérite d’origine tchadienne. Créé en 2003 sous l’appellation Festival Gabao Hip Hop, le projet est aujourd’hui l’un des plus grand rendez-vous des cultures urbaines en Afrique subsaharienne francophone. Il accueille plusieurs concerts sur quatre jours et offre de nombreuses opportunités de formation aux artistes et opérateurs culturels africains.

Le groupe 241 a fait paraître en janvier 2009 son album de 14 titres Amour et Immortalité qui aborde 3 thèmes : 241 pour le code téléphonique du Gabon, l’amour comme vecteur d’unité et l’immortalité pour revaloriser la culture gabonaise notamment avec son cheval de bataille le Mvett qui enseigne la quête de l’immortalité.

De son vrai nom Ndilbé Koriguim, Pif Pikini, la trentaine, s’est révélé comme l’enfant prodige du hip hop tchadien. De ses débuts en 1996 dans le groupe Yakuza, le jeune Pif Pikini, aujourd’hui à la tête du groupe Shifna, est devenu un véritable phénomène « rappologique ».

Les lauréats du Gaboa 2009 bénéficieront d’une promotion panafricaine et il est à prévoir que le reste de la planète hip hop suivra le développement de ces nouveaux ambassadeurs du rap africain.

18 August 2009
J Period et K’Naan présente The Messengers

New York, NY ( 18 Août, 2009) – Certains artistes sont définis par leur environnement, d’autres redéfinissent leur environnement alors que quelques rares poussent les limites et font ressentir leurs influences à travers le globe et les générations. Leur musique ne motive pas qu’ à danser mais entraîne le public à écouter, penser et comprendre. Fela Kuti, patriarche de l’afrobeat nigérien, Bob Marley, ambassadeur du roots reggae et combattant des injustices et Bob Dylan,  poète folk  de la lutte des droits civiques, sont trois des ces artistes. Ils sont tous des messagers. Aujourd’hui le Dj/Producteur, J Period et le phénoménal mc d’origines somaliennes K’Naan, annonce la sortie d’un projet remix  mettant en évidence l’héritage de ces trois géants. Fusion des genres, hip hop, afrobeat, reggae, ska et folk, la direction est large et les résultats sont probants.  The Messengers arrive en appoint à la sortie de Troubadour, le plus récent album de K’naan sorti en janvier 2009 et  en nomination aux prix Polaris. On retrouve sur Troubadour une pléiade d’invités dont Damian Marley, Mos Def, Kirk Hammett (Metalicca), Adam Levine et James Valentine ( Maroon 5) et le légendaire new yorkais de la old school Chubb Rock.

Vous pouvez télécharger les 3 premiers titres sur le site de J Period  soit ici et la mixtape sortira en intégral dans les prochains jours. À suivre le message de The Messengers.

Some artists are defined by their environment. Some redefine their environment. Still others push the boundaries of convention so fully that their influence is felt around the globe, and across generations. Their music compels us not only to dance but to think, not only to celebrate but to strive, not only to listen but to truly hear. Fela Kuti, Nigeria’s eminent musical activist; Bob Marley, Jamaica’s emissary of struggle and unity; and Bob Dylan, America’s reluctant Civil Rights song leader, are three such artists.

These are “The Messengers.”

Today, August 18, 2009, acclaimed DJ/Producer, J.Period, and rising Somali-born MC, K’NAAN, are pleased to announce a unique and powerful remix project, paying tribute to the lasting legacy of these musical giants. Weaving afro-beat, reggae, ska, folk music and rock into this genre-bending musical experience, The Messengers stretches the boundaries of hip hop—and the mixtape genre itself. Remixing the classic work of Fela, Marley and Dylan, The Messengers captures the timelessness of their sounds and the continued urgency of their messages. The result, as fans have come to expect from J.Period, is like no mixtape you’ve ever heard.
The Messengers arrives on the heels of K’NAAN’s sophomore release, Troubadour (A&M/Octone Records), released January 2009. Having already made a powerful mark with his breakthrough debut, K’NAAN’s Troubadour debuted at #32 on Billboard’s Top 200, continuing his rapid rise on the world stage. Filled with eloquent and thought-provoking lyrics in the tradition of great folk singers and protest songs, the album also features all-star collaborations with Damian Marley, Mos Def, Kirk Hammett (Metallica), Adam Levine & James Valentine (Maroon 5) and Chubb Rock.

You can download the first three songs here while the complete mixtape will hit the web in the next few days.